
Historique de Modalité
Les Avantages d'une Prescription
Detendue de Methadone
Reference: 1er Colloque Européen Toxicomanie, Hépatites,
Sida - Saint-Tropez, 14-17 octobre 1993, Marc Reisinger, MD
Le principe de la prescription de méthadone aux héroïnomanes
commence à peine à être toléré par
certains de ses plus virulents adversaires. Il peut dès lors
paraître excessif ou prématuré de plaider en faveur
d'une prescription détendue de ce médicament.
Un rappel historique s'impose pour justifier une telle position.
L'Origine du Controle
Peu après son arrivée au pouvoir, le Président
Kennedy fît démissionner le directeur du Bureau Fédéral
des Narcotiques, Harry Anslinger. Cet artisan de la Prohibition de
l'alcool (et des drogues) avait imposé, de 1930 à 1962,
une politique foncièrement répressive de la toxicomanie.
Les héroïnomanes étaient enfermés dans des
hôpitaux-prisons d'où ils ne sortaient que pour rechuter
aussitôt. De nombreux musiciens de jazz ont notamment témoigné
du harcèlement policier et de l'absence de toute aide valable.
En 1963 le Professeur Vincent Dole fut nommé Président
de la Commission de recherche sur la Santé en matière
de toxicomanie pour la ville de New York. Il constata que la toxicomanie
à l'héroïne représentait un problème
de santé publique majeur à New York et aux Etats-Unis.
Une observation dénuée de préjugés lui
donna l'impression que les rechutes continuelles des héroïnomanes
étaient dues à des mécanismes qui dépassaient
le cadre de la psychodynamique ou des comportements anti-sociaux.
Il émit l'hypothèse d'un trouble métabolique
transitoire ou permanent induit par l'usage prolongé d'opiacés.
Cette intuition précédait de dix ans sa confirmation
par la découverte des récepteurs morphiniques du cerveau.
Afin de tester son hypothèse, il n'hésita pas à
reconvertir son laboratoire, qui étudait principalement l'hypertension,
le métabolisme des lipides et l'obésité -maladies
de la classe aisée - pour s'intéresser à la dépendance
à l'héroïne - problème des plus démunis.
Dole et ses collaborateurs se mirent à la recherche d'un médicament
morphinique capable de stabiliser les héroïnomanes. La
méthadone - morphinique synthétique dont la formule
avait été ramenée d'Allemagne après la
guerre - apparut rapidement comme la substance indiquée, en
raison de sa longue durée de vie et de l'absence de troubles
de la conscience et de l'humeur qu'elle entraîne à dose
adéquate. Six patients furent traités en 1964, puis
l'expérience s'étendit aux services d'urgence des hôpitaux
de la ville de New York. 90% des patients admis restaient en traitement.
75% d'entre eux devenaient socialement actifs au bout de six mois,
alors que la plupart d'entre eux vivaient auparavant de délinquance.
Au début des années 1970, ce traitement acquit une telle
reconnaissance sociale que le nombre de patients passa brusquement
de 7.000 à 80.000 entre 1971 et 1972. Rien qu'à New
York, entre juin 1971 et juin 1973, le nombre de patients en traitement
passa de 15.000 à 35.000. Dans le même temps, la criminalité
diminuait de 75%, ainsi que le nombre d'hépatites.
Malheureusement cette progression foudroyante entraîna la réaction
de certaines forces sociales. Ces résistances n'étaient
pas justifiées par les résultats du traitement. Elles
se fondaient sur une objection soi-disant morale, constamment ressassée
depuis ("On ne peut remplacer une toxicomanie par une autre"),
et sans doute sur des forces plus douteuses.
Nul doute que la mafia ne voyait pas l'assèchement du marché
de l'héroïne d'un bon oeil. Rappelons que les trafiquants
éprouvèrent le besoin de développer de nouveaux
débouchés en Europe à cette époque, en
raison d'un ralentissement du marché américain. D'autrepart
il existe des cas connus où le crime organisé fit pression
sur des politiciens pour empêcher l'ouverture de programmes
de traitement à la méthadone. Quant à la police
et aux administrations chargées de "combattre la drogue",
elles ne voient pas nécessairement d'un bon oeil l'apaisement
du combat qui constitue leur raison d'être. De plus elles ont
souvent appris, par la corruption, à s'entendre avec les trafiquants
pour partager les bénéfices du marché.
L'opposition entre ce qu'on peut appeler des forces de progrès
et des forces réactionnaires eût pour conséquence
une stabilisation du nombre de patients largement en deça
du nombre de patients potentiels. Actuellement encore, le nombre
de patients en traitement à la méthadone aux Etats-Unis
est de 115.000 pour 750.000 héroïnomanes environ, soit
15% des cas : 85% des héroïnomanes ne reçoivent
donc pas de traitement. Une autre conséquence de cet équilibre
des forces concerne directement le sujet de cet exposé: il
s'agit de l'instauration de règlements rigides d'origine
fédérale, étatique et municipale définissant
les modalités du traitement dans ses moindres détails.
Les initiateurs du traitement à la méthadone, comme
Vincent Dole, Mary Nyswander, Mary Jane Kreek, Herman Joseph, Robert
Newman sont des personnages de grand savoir et de grande humanité.
Les programmes de traitement initiaux étaient conçus
à leur image et se caractérisaient par une attention
importante aux problèmes individuels des patients. Avec l'extension
des programmes et le durcissement de l'opposition à la méthadone,
les équipes se sont vues imposer un mode de fonctionnement
bureaucratique tenant peu compte des besoins des patients. Des critères
d'admission rigides furent imposés, excluant par exemple les
patients qui n'avaient pas effectué plusieurs tentatives de
traitement sans méthadone, ou ceux qui avaient déja
effectué une cure à la méthadone. La méthadone
est délivrée uniquement par des équipes et dans
des dispensaires spécialisés. Elle doit être consommée
sur place et sous le contrôle d'une infirmière qui se
tient à l'abri d'une vitre pare-balles. Les patients doivent
fournir de l'urine sous surveillance. Ils peuvent être expulsés
du programme en cas de consommation de drogues illicites. Les doses
maximales et la durée du traitement sont souvent déterminées
a priori et non en fonction des besoins réels des patients.
Le passage du traitement à la méthadone sur le continent
européen représente un progrès thérapeutique,
mais il faut néanmoins se rappeler que nous avons hérité
d'une forme de traitement largement grevée de mesures de
contrôle social. Ces normes de contrôle ont généralement
été adoptées chez nous sans remise en question,
comme faisant partie inhérente du traitement. Certains pays
européens ont même accentué ces mesures.
Ainsi, en Allemagne les patients doivent absorber leur dose de méthadone
sous le contrôle personnel du médecin, sept jours sur
sept. Celui-ci est obligé de rédiger une ordonnance
quotidienne, ainsi qu'une masse de paperasserie diverse. Ajoutons
que la méthadone est quasiment réservée dans
ce pays aux patients séropositifs ou atteints de sida. La même
mesure était en vigueur à Edinbourg avant 1988 et on
y a vu des patients s'inoculer eux-mêmes le virus du Sida pour
pouvoir bénéficier d'un traitement de leur dépendance.
Certains pays ont même improvisé des règles de
leur cru. Ainsi, en Irlande, les patients qui consomment occasionnellement
de l'héroïne sous traitement à la méthadone
sont placés sous traitement à dose inférieure,
alors que la littérature scientifique prouve qu'il s'agirait
précisément d'augmenter la dose de méthadone
pour réduire les risques de rechutes (Ball and Ross 1991).
A Paris, on considère comme normal et même bénéfique
- avec des arguments d'ordre psychanalytique - que des patients attendent
deux ans avant d'être admis en traitement à la méthadone.
A Madrid, des patients atteints de Sida sont obligés de traverser
la ville chaque jour pour se rendre dans l'unique dispensaire de méthadone.
Encore sont-ils mieux lotis que ceux qui se traînent dans la
rue pour acheter de l'héroïne, faute de places de traitement.
L'inventaire des règles disciplinaires qui entourent le traitement
à la méthadone dans le monde constitue un véritable
catalogue de la barbarie. Pourtant ces mesures sont sans doute appliquées
par des gens de bonne foi. Ils n'ont jamais eu l'occasion de travailler
en dehors de ces règles et celles-ci leur apparaissent comme
indissociables du traitement. La fréquence réduite des
abus commis par les patients - prises de drogues illicites, revente
de méthadone - leur apparaissent comme le résultat de
ces règles strictes. Il y a là un cercle vicieux, car
il est impossible de prouver que les patients commettraient plus d'abus
sans ces règles si on ne travaille pas autrement.
Le Controle en Question
L'objectif de cet exposé est de s'interroger sur la pertinence
des règles de contrôle entourant la prescription de méthadone.
Il ne s'agit pas de contester le principe du contrôle mais de
s'interroger sur les objectifs et sur l'efficacité des mesures
adoptées actuellement. Ceci afin de ne pas tomber dans ce préjugé
courant, fortement lié à notre rationalité occidentale,
selon lequel plus il y a de contrôle mieux ça vaut. Le
docteur Robert Newman, interrogé sur les problèmes de
constipation des patients sous méthadone, répondait
que la constipation des équipes soignantes lui apparaissait
comme un problème de loin plus important.
Les trois risques invoqués pour restreindre ou règlementer
le traitement à la méthadone sont les suivants:
a) Prises concommitantes d'héroïne
b) Revente de méthadone au marché noir
c) Overdoses dues à la méthadone
Analysons chacun de ces risques:
a) La prise occasionnelle d'héroïne en cours de
traitement à la méthadone constitue un exemple type
de faux problème auquel on a apporté de fausses solutions.
Faux problème parce que la méthadone vise à traiter
la dépendance à l'héroïne et qu'il n'y a
aucune raison de s'attendre à une "guérison"
immédiate. Les effets psychiques de la méthadone sont
différents de ceux de l'héroïne. Il est normal
que les patients gardent une certaine nostalgie de ce produit, à
laquelle ils ne peuvent s'empêcher de céder de temps
à autre. La méthadone leur permet de ne pas retomber
dans la dépendance à l'héroïne, même
s'ils en reprennent occasionnellement. La réponse adéquate
à ce problème est d'augmenter la dose de méthadone
prescrite et non de la réduire ou d'exclure le patient du traitement
comme c'était pratique courante avant l'apparition du Sida.
b) La revente de méthadone au marché noir est
un problème lié à la restriction des places de
traitement. Ceux qui achètent leur méthadone dans la
rue sont des héroïnomanes qui n'ont pas pu ou pas voulu
être admis dans des programmes de traitement en raison du nombre
limité de places, des critères d'admission restrictifs
et d'un mode de fonctionnement rébarbatif. C'est en ouvrant
plus largement l'accès au traitement que l'on peut dégonfler
le phénomène de marché noir, en faisant chuter
la valeur de la méthadone et en réduisant la tentation
des patients de revendre leur dose.
c) Les overdoses de méthadone constituent un mythe très
largement surévalué. Les overdoses de patients en traitement
à la méthadone constituent une rareté. Quant
aux autres cas, il s'agit généralement de toxicomanes
sans traitement, désocialisés, qui abusent simultanément
de tous les produits qu'ils peuvent se mettre sous la main. La mortalité
des héroïnomanes en traitement à la méthadone
est huit fois plus basse que celle des héroïnomanes de
rue (Gröndblath et al. 1990). A Amsterdam, où près
de 3.000 patients sont traités quotidiennement à la
méthadone, on ne relève quasiment aucun cas de décès
par overdose de méthadone (Van Santen G., communication personnelle).
Pour Une Pratique Detendue
Les motifs invoqués pour exercer un contrôle rigide
de la dispensation de méthadone paraissent peu consistants.
Que se passe-il lorsqu'on relâche ce contrôle ? Ma pratique
personnelle me permet d'ébaucher une réponse à
cette question.
Des circonstances particulières m'ont permis de travailler
avec une grande liberté thérapeutique. Paradoxalement,
c'est la tentative de l'Ordre des médecins belge d'imposer
des contraintes excessives au traitement à la méthadone
qui est à l'origine de cette liberté. Un groupe de
médecins, dont je fais partie, a réclamé et
obtenu l'annulation de ces règles par le Conseil d'Etat.
Dès lors nous avons pu travailler librement, en essayant
d'élaborer des règles de fonctionnement basées
sur l'intérêt du patient, du médecin et du pharmacien
chargé de délivrer la méthadone.
Il existe d'autres situations où les médecins bénéficient
d'une certaine liberté clinique dans le traitement des héroïnomanes,
notamment aux Pays-Bas et au Danemark, mais elles sont peu connues,
car les médecins isolés n'ont généralement
pas les moyens d'analyser et de publier leurs résultats.
J'encourage les chercheurs à étudier cet aspect méconnu
du traitement des héroïnomanes. En attendant, j'exposerai
de manière succinte les conditions de mon travail et ses
résultats. Certains se raidiront peut-être en entendant
les conditions dans lesquelles je prescris la méthadone.
Je leur demande de suspendre leur jugement et de se détendre
en concentrant leur attention sur les résultats.
Je suis psychiatre et je travaille en cabinet privé, où
je reçois les héroïnomanes de même que
d'autres types de patients. J'ai actuellement 35 héroïnomanes
en traitement à la méthadone. Je n'applique pas de
critères d'admission particulier, excepté la dépendance
à l'héroïne. L'interrogatoire et l'examen suffisent
généralement à établir cette dépendance.
Le contrôle des urines n'est pas toujours nécessaire.
Une certaine auto-sélection des patients s'opère,
dans la mesure où ils doivent prendre rendez-vous eux-mêmes
, venir régulièrement et payer leurs consultations
(avant de récupérer les 2/3 auprès de leur
caisse d'assurance). Par conséquent je vois rarement des
toxicomanes qui effectuent une demande de traitement sous pression
de la famille ou de la Justice, ni les toxicomanes désocialisés
qui n'ont pas d'assurance sociale ni d'argent. Le recrutement s'effectue
par bouche à oreille, ce qui assure sans doute une certaine
homogénéité de ma clientèle.
Le pourcentage d'homme (51%) et de femme (49%) est à peu
près le même, ce qui veut dire que les femmes sont
surreprésentées, puisqu'en général il
y a 75% d'hommes parmi les héroïnomanes. L'âge
moyen des patients est de 30 ans.
La durée des traitements en cours est en moyenne de vingt
mois. La plupart de ces traitements devront se prolonger pour une
période indéterminée. La dose moyenne de méthadone
prescrite est de 30 mg/jour. La dose la plus élevée
est 80 mg/jour et la plus basse inférieure à un mg
par jour. La durée du traitement et la dose ne sont pas établie
a priori et je n'exerce aucune pression en vue de réduire
l'une ou l'autre, car j'ai constaté que c'était le
plus sûr moyen de provoquer des rechutes. Les risques d'accidents
et d'infections associés aux rechutes sont trop importants
pour être courus. Je suis donc régulièrement
amené a encourager les patients à suivre un traitement
plus long et à maintenir des doses de méthadone élevées,
tandis que les patients argumentent en faveur d'une réduction
plus rapide des doses. Dans de telles circonstances je suis certain
que les patients ne revendent pas leurs doses, sans quoi ils ne
demanderaient pas de diminution. Dans la plupart des cas (80%) ils
reçoivent leur dose en une fois par semaine auprès
du pharmacien de leur choix. L'intervalle entre les rendez-vous
est de deux semaines dans 74% des cas, de 3 semaines dans 23% des
cas et d'une semaine dans 3% des cas.
J'effectue exceptionnellement des contrôles urinaires pour
vérifier les prises de drogues. En général
les patients parlent spontanément du fait qu'ils ont été
tentés ou qu'ils ont pris de l'héroïne ou d'autres
drogues. S'ils omettent de le faire, deux possibilités existent.
Soit la prise était exceptionnelle et reste inoffensive.
Soit la prise est régulière; je m'en aperçois
alors par des signes physiques et j'en parle moi-même. C'est
seulement en cas de discordance entre mes observations et la réponse
du patient que j'effectue une prise d'urine.
Le type de relation thérapeutique dépend de la personnalité
du patient et de la mienne. Je classe ces relations en 5 types:
1) Suivi irrégulier:
Patients qui se présentent irrégulièrement
à la consultation, pour des raisons diverses. Ils finissent
généralement par abandonner le traitement (voir plus
loin).
2) Suivi régulier:
Patients qui se contentent de venir régulièrement
à la consultation mais qui ne souhaitent pas ou qui ne parviennent
pas à établir un dialogue (3 cas sur 35, soit 8%).
3) Relation de confiance:
Patients qui se confient facilement et qui n'hésitent pas
à parler de leurs difficultés, y compris de leurs
envies et de leurs prises d'héroïne (15 cas sur 35,
soit 43%).
4) Transfert:
Patients avec qui s'établit une relation régulière
et confiante, qui semble jouer un certain rôle dans leur existence.
Cette relation "compte", même si elle n'a pas le
caractère systématique d'une psychothérapie
(12 cas sur 35, soit 34%).
5) Psychothérapie:
Patients avec lesquels j'ai des entretiens de longue durée,
où le vécu quotidien et les difficultés psychologiques
sont systématiquement abordés (5 cas sur 35, soit
15%).
Plus de 90% des patients suivis à ma
consultation s'avèrent donc capables d'établir une relation
thérapeutique valable parallèlement à la prescription
de méthadone, ce qui infirme la croyance de ceux qui affirment
qu'il s'agit de "deal" en blouse blanche.
Les abandons de traitement ou les exclusions
(pour irrégularité excessive) sont de 20% (après
5 mois en moyenne). Le taux de rétention en traitement est
donc de 80%.
Au point de vue social, seuls 8% des patients sont inactifs (c'est-à-dire
moins que le taux de chômage de la population générale);
73% ont un travail stable ou occasionnel; 11% effectuent des études.
Au point de vue judiciaire, 46% ont eu des problèmes avant
le début du traitement (dont près de 90% pour usage
de stupéfiants), tandis que 28% ont eu des problèmes
avec la Justice en cours de traitement (dans tous les cas pour usage
de drogues, y compris le haschish). Au point de vue familial, il faut
noter que 23% des patients élèvent des enfants.
Conclusion
On peut constater que 80% de ces patients sont stabilisés par
la prescription de méthadone dans un cadre souple. La relation
thérapeutique peut être considérée comme
satisfaisante dans la mesure où les contraintes sont minimes
et où il existe une confiance mutuelle. La plupart des patients
sont actifs socialement. Une partie d'entre eux effectuent des progrès
notables en terme de qualifications socio-professionnelles (plusieurs
ont entrepris des études ou une formation professionelle).
En traitant les patients normalement - c'est-à-dire comme les
autres patients - on s'aperçoit qu'ils se comportent normalement.
On pourra certainement objecter qu'il s'agit d'une population d'héroïnomanes
particulierse, bien insérés socialement. Mais cette
population existe. Elle tend même à augmenter avec l'extension
de l'usage d'héroïne. La principale leçon d'une
telle expérience est le fait qu'il ne paraît pas nécessaire
de construire l'ensemble du dispositif de distribution de la méthadone
à partir des besoins de la fraction la plus marginalisée
des héroïnomanes. L'ignorance de ce fait est sans doute
responsable de la vision caricaturale de la méthadone qui a
été donnée en France pendant vingt ans, notamment
par le Dr Olievenstein.
References
Ball J.C., Ross A. (1991) The Effectiveness of Methadone Maintenance
Treatment, Springer Verlag, New York.
Grönbladh L., Ohlund L.S., Gunne L.M. (1990) Mortality in heroin
addiction: impact of methadone treatment, Acta Psychiatr Scand 1990;
82:223-227.
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