
Historique
de Modalité
Récente étude clinique sur
le LAAM
Un rapport vient dêtre publié sur lutilisation
du LAAM dans le traitement des patients qui nont pas réussi
à atteindre un état "dabstinence de lhéroïne"
pendant leur traitement dentretien à la méthadone
(Borg et al. J. Addictive Diseases, vol. 21, no 3, 13-22,
2002). Létude portait sur 12 patients ; en moins de deux
mois 5 patients (42 %) avaient abandonné, et deux autres ont
abandonné avant la fin de lannée. Sur les cinq
restants, quatre prenaient soit de lhéroïne soit
de la méthadone non prescrite. Ce rapport donne à penser
que le LAAM a peu à offrir aux patients qui persistent à
prendre de lhéroïne pendant leur traitement à
la méthadone - ou du moins aux patients dont lobjectif
est de cesser de prendre de lhéroïne.
LAAM (ORLAAM) Mise à jour
Mars 2001
Le lévo-alpha-acétylméthadol est un agoniste
aux opiacés utilisé dans les traitements de soutien.
Synthétisé pour la première fois à la
fin des années 40, le LAAM (connu sous lappellation
de ORLAAM sur le marché en Europe) a fait lobjet dinnombrables
essais cliniques dans les années 70 en tant que médicament
de soutien. En 1993, le LAAM est devenu le seul médicament,
hormis la méthadone, approuvé par la FDA (Food and
Drug Administration) pour le traitement de soutien aux opiacés.
Le LAAM a une durée daction beaucoup plus longue que
la méthadone. Avec une demi-vie moyenne de 48 à 72
heures, les patients peuvent être maintenus par le biais de
doses administrées trois fois, voire deux fois par semaine.
Sous le schéma posologique de trois fois par semaine, les
patients reçoivent en général une dose 30 %
plus élevée que la dose quils reçoivent
pour les intervalles de 48 heures.
Lutilisation du LAAM a été encouragée,
en partie pour éviter le besoin de dispenser de la méthadone
à emporter chez soi, minimisant ainsi les probabilités
de détournement. Dun autre côté, un des
problèmes associé au schéma posologique du
LAAM est quun certain nombre des médecins prescrivant
le médicament sont susceptibles dexiger 2 ou 3 visites
par semaine aux patients ayant lhabitude dun rythme
de visites beaucoup plus souple, sils prenaient de la méthadone
à emporter chez eux. Face à une exigence de ce type,
la plupart des patients auraient limpression de perdre du
terrain. De plus, sil savère quun certain
nombre de patients se sentent plus stables en prenant le médicament
à la durée daction plus longue, dautres
patients réagissent moins bien.
En Europe, lhistorique du LAAM a été résumé
par lagence européenne pour lévaluation
des produits médicamenteux (accessible à www.emea.eu.int).
Vous en trouverez des extraits ci-dessous :
Le 1er juillet 1997, la commission européenne a émis
une autorisation de mise sur le marché valide dans toute
lUnion européenne pour le produit médicamenteux
ORLAAM, qui contient du lévacétylméthadol.
Cette décision était fondée sur lopinion
favorable et le rapport dévaluation adopté par
le Committee for Proprietary Medicinal Products (CPMP) [comité
pour les produits médicamenteux vendus sous marque) le 22
janvier 1997.
ORLAAM doit être administré sous la supervision de
médecins ayant de lexpérience dans les traitements
de laddiction et, dans la mesure du possible, dans des centres
spécialisés dans le traitement de la toxicomanie.
LORLAAM nest pas fait pour être pris chez soi.
La substance active de lORLAAM, le lévacétylméthadol,
est un analgésique opioïde synthétique, similaire
dans sa structure à la méthadone. Son activité
pharmacologique est, dun point de vue qualitatif, similaire
à la morphine. Par comparaison avec la méthadone,
qui est administrée quotidiennement, lavantage principal
du lévacétylméthadol est son comportement pharmacocinétique
conduisant à une action pharmacodynamique plus longue et
permettant ainsi dêtre pris trois fois par semaine.
En dépit des faiblesses méthodologiques de la documentation
de lORLAAM, les données cliniques générales
indiquent que lefficacité et linnocuité
de lORLAAM sont comparables à celles de la méthadone
pour ce qui est du traitement de soutien de laddiction aux
opiacés.
Au plan de linnocuité, le lévacétylméthadol
se distingue par un profil général, en matière
dinnocuité, similaire à ceux des composés
opioïdes. Les données cliniques indiquent toutefois
que lORLAAM prolonge de manière importante lintervalle
Q-T (ECG) chez certains patients. Dans le cadre de la conférence
de mars 2001, le CPMP a examiné les résultats détudes
électrophysiologiques, détudes cliniques et
de rapports émis de manière spontanée (dix
cas de troubles graves du rythme cardiaque ont été
signalés au MAH depuis juillet 1997). Ces données
confirment uniformément que lORLAAM a le potentiel
de beaucoup augmenter lintervalle Q-T et a un effet pro-arythmique.
Lefficacité thérapeutique de lORLAAM ne
lemporte pas sur le risque grave et potentiellement mortel
des arythmies ventriculaires. Compte tenu des données démontrant
ces risques et le rapport négatif avantages-risques qui en
découle, le CPMP a recommandé la suspension de lautorisation
de mise sur le marché de lORLAAM.
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