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15.09.06 Mondial
POLOGNE (Dr Habrat et Moskalewicz) : 35 000 à 40 000 toxicomanes selon les estimations, dont 5 000 à 7 000 reçoivent des soins chaque année. Le taux de mortalité est élevé. « Malgré les résultats positifs des traitements de substitution, seulement 700 patients environ sont actuellement traités dans 12 centres. » Les critères d’admission sont rigoureux : il faut avoir 18 ans ou plus, des antécédents médicaux (par ex. HIV/sida) et avoir suivi trois traitements sans drogue sans effet. Un accompagnement psychosocial est offert et il est obligatoire d’assister à au moins quelqeue heures de réunion de groupe par semaine.
LITHUANIE (Dr Subata) : Le taux de prévalence du VIH est de 28,1 pour 100 000 personnes en Lithuanie, 112,9 en Latvie, 272,2 en Estonie et 470 dans le district de Kaliningrad. En janvier 2006, 436 patients étaient en traitement dans quatre centres spécialisés et huit centres de santé publique en Lithuanie. À titre de comparaison, un seul centre assure un traitement de substitution en Latvie et deux en Estonie [les traitements de substitution sont illégaux en Russie]. La méthadone dispensée dans ces pays vient du Danemark et coûte environ 1 Euro (1,28 dollars) les 100 mg.
IRAN (Dr Mokri) : La méthadone est généralement administrée sous forme de comprimés et il n’y a pratiquement aucun accompagnement psychosocial ; l’opinion générale est que la méthadone se suffit à elle-même. Il est également possible de suivre un traitement à base de naltrexone mais le taux de rétention est très faible et le taux de rechute après le traitement est proche de 100 %. D’après l’expérience du centre hospitalier universitaire de Téhéran, le traitement à la méthadone est aussi efficace pour les héroïnomanes que pour les opiomanes. Mokri préconise de rendre les traitements plurimodaux disponibles, y compris ceux à base de buprénorphine, qui est administrée au CHU avec un taux de rétention de quelque 65 %; les patients traités à la buprénorphine viennent de milieux favorisés et paient leurs soins – environ 15 dollars par mois. Mokri recommande également de faire appel aux services médicaux privés dans toute la mesure du possible
INDONÉSIE (Dr Mardiati) : La population totale d’héroïnomanes est estimée entre 120 000 et 196 000 personnes ; 44 % des séropositifs nouvellement diagnostiqués sont toxicomanes et 70 % des héroïnomanes ont moins de 25 ans. Les premiers centres de traitement à la méthadone ont ouvert leur portes à Jakarta et Bali en janvier-février 2003 ; 312 médecins, pour la plupart des médecins libéraux, ont reçu une formation. Seulement 2 % des frais de traitement sont pris en charge par l’État. Il y a actuellement 330 patients à Jakarta (dont 300 dans un seul centre) et 330 à Bali, plus une cinquantaine d’autres dans le reste du pays [NOTE : voir le nombre estimatif de personnes dépendantes aux opiacés ci-dessus]. Soixante pour cent des patients sont séropositifs.
HONG KONG (Prof. Char-Nie C)
Hen0 : Trente ans d’histoire du traitement de substitution, qui vise à offrir une option médicalisée facile d’accès, légale et sans risque à la place de l’utilisation illégale d’opiacés, à maintenir les contacts avec les patients, à réduire les activités antisociales et la délinquance, et à aider les patients à mener une vie normale et productive. Les centres de traitement à la méthadone ont reçu près de 2,5 millions de patients par an en moyenne au cours des 15 dernières années. Environ les deux tiers des 14 000 toxicomanes recensés à Hong Kong suivent un traitement. L’augmentation des doses de méthadone s’est traduite par une réduction sensible des risques. Les taux de séropositivité chez les toxicomanes de Kong Kong se maintiennent à un niveau extrêmement faible.
CHINE (Prof. Q. Lu) : Les huit premiers centres de traitement d’entretien à la méthadone ont ouvert leurs portes au début de 2004 ; leur nombre avait augmenté à quelque 128 à la fin du mois de mars 2006 et devrait atteindre 300 d’ici la fin de l’année. « Les résultats du traitement à la méthadone sont encourageants. » L’état de santé et la qualité de vie des patients se sont nettement améliorés, les cas dépressifs sont moins nombreux, les taux de prévalence du VIH et de l’hépatite se sont stabilisés. Les comportements sexuels à risque sont en hausse, mais la délinquance a pratiquement disparu et le taux d’emploi a augmenté de 25 % à 31 % (la période n’est pas indiquée). Le taux de rétention était de 97 % [!!] au bout de trois mois et de 85 % au bout de six mois. Les doses moyennes de méthadone après six mois étaient de 49mg/jour.
OBSERVATIONS DU DR ALEX WODAK (Australie) : l’action menée pour faire face au problème et à la menace du VIH/sida présente deux aspects fondamentaux : elle doit être globale et elle doit être immédiate ! Pour cela, il est essentiel d’obtenir la pleine participation des professionnels de la santé dans le secteur public comme privé.
RÉSUMÉ DE VLADIMIR POZNYAK DE L’ORGANISATION MONDIALE DE LA SANTÉ : Il est contraire à l’éthique de prévoir un traitement à la méthadone à court terme qui ne prend en charge le patient que pendant quelques mois sans souci de durabilité. La continuité du traitement doit être garantie. Il est également impératif de planifier en prévision des catastrophes naturelles, notamment dans les régions particulièrement vulnérables. Il convient de respecter des normes de qualité minimales. Enfin, il faut une coordination plus étroite entre les autorités en matière de sécurité et les responsables de la santé : « ils doivent parler la même langue ».