LETTRE À LA RÉDACTION NOUVEAU: 15/1/04
Robert Newman, MD
Deux articles dans le numéro du 13 août sont consacrés à la buprénorphine dans le traitement de la dépendance aux opiacés. Mitka (1) cite l’ancien président de l’Illinois State Medical Society, selon lequel “l’héroïnomane actuel est le plus souvent un jeune cadre qui a un emploi et vit en banlieue”. C’est peut-être techniquement exact, mais le fait est que la grande majorité des toxicomanes, aujourd’hui comme il y a des décennies, mènent une vie qui est aux antipodes de cette description. Quoi qu’il en soit, il semble condescendant d’impliquer que le désir “de se faire traiter dans un centre privé” est une caractéristique (et peut-être un droit) spécifique aux banlieusards qui ont un emploi.
Vastag (2) évoque également la stigmatisation des centres de traitement à la méthadone, que le fait de fréquenter revient pratiquement à “étaler au grand jour sa toxicomanie”. L’avantage qu’il attribue à juste titre au fait de se faire soigner dans un cabinet médical privé, où “les patients peuvent recevoir de la buprénorphine de leur médecin traitant en toute discrétion”, ignore cependant une réalité : seul un minuscule segment de la population des toxicomanes a accès à ce type de soins ; à New York, par exemple, un habitant sur quatre n’a aucune assurance médicale, et la proportion est probablement encore plus faible pour les utilisateurs d’opiacés illégaux.
Quant à l’affirmation de Vastag selon laquelle “il est plus facile de se désintoxiquer à la buprénorphine”, la difficulté du traitement de la dépendance aux opiacés n’a jamais été de parvenir à l’abstinence mais de la maintenir ; rien ne prouve que la buprénorphine est plus efficace à cet égard que la méthadone ou les programmes d’abstinence les plus respectés. On ne peut qu’applaudir les nouveaux moyens déployés pour offrir une assistance médicale aux toxicomanes, mais les faux espoirs créent inévitablement des désillusions.
Robert G. Newman, médecin, maîtrise de santé publique, directeur
Baron Edmond de Rothschild Chemical Dependency Institute
Beth Israel Medical Center, NY
555 W. 57th St.
NY NY 10019
Téléphone : 212-523-8390
1.Mitka M. Office-Based Primary Care Physicians Called on to Treat the "New" Addict. JAMA. 2003;290:735-736
2.Vastag B. In-Office Opiate Treatment "Not a Panacea." JAMA. 2003;290:731-735
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