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NE METTEZ PAS DE HARICOTS DANS VOS OREILLES, et autres avertissements comparables concernant la pratique qui consiste à écraser les comprimés de buprénorphine sublinguaux NOUVEAU: 15/1/04 Robert Newman, MD
Notre collègue australien le Dr Andrew Byrne met en garde contre la pratique qui consiste à écraser les comprimés de buprénorphine sublinguaux pour accélérer l’absorption et réduire le temps d’observation, de façon à limiter le risque d’abus. Nous passons sur cette mise en garde, mais non sans nous demander si certains praticiens n’ont pas déjà utilisé cette méthode contestable et donné des idées aux patients. En bref, comme pour tout autre traitement médical, les patients désobéissants posent un problème, mais le but ultime du traitement n’est pas de résoudre ce problème.
Voir les commentaires du Dr Andrew Byrne ci-après :
"Écraser ou non" – administration des comprimés de buprénorphine.
Muhleisen P, Spence J, Nielsen S. Écraser les comprimés de buprénorphine. Drug and Alcohol Review (2003) 22;4:471-2
En Australie, comme dans la plupart des rapports de recherche, la buprénorphine est généralement administrée sous la supervision de l’infirmière ou du pharmacien. Comme pour la méthadone, les patients nouveaux et instables font l’objet d’une supervision plus étroite, tandis que les patients stables et en traitement depuis un certain temps peuvent recevoir des doses à emporter. En Australie-Méridionale, par exemple, jusqu’à 5 doses peuvent être dispensées par semaine, 2 doses étant administrées sous supervision, au bout de 18 mois de traitement stable. En Nouvelles-Galles du Sud, jusqu’à 2 doses peuvent être dispensées par semaine pour ceux qui doivent prendre des doses quotidiennes, dans certaines conditions et en cas d’urgence, pour les déplacements, etc. En France, d’après les témoignages recueillis, une proportion des doses est également dispensée sous supervision, bien que ce ne soit pas une obligation mais une simple règle de “bonne pratique”. La question de savoir si les comprimés devraient être administrés entiers, coupés en deux ou réduits en poudre est débattue.
Un rapport publié dans la revue Drug and Alcohol Review de ce mois aborde cette question d’un point de vue pratique présenté par une équipe qui utilise le médicament depuis plus de 5 ans (initialement à titre expérimental). Ce groupe de Melbourne a initialement écrasé les comprimés pour certains patients suspectés de subtiliser des comprimés. D’autres patients demandaient des comprimés écrasés pour réduire le temps d’administration. Les services de santé de Victoria, qui ne sont pas réputés pour leurs attitudes libérales et n’ont pas une solide base de données sur laquelle se fonder, ont conseillé de “casser en morceaux ou réduire en poudre” tous les comprimés de buprénorphine. Les auteurs signalent cependant que les comprimés entièrement réduits en poudre peuvent être avalés et ne sont donc pas absorbés en totalité. Le fait d’écraser les comprimés peut donc causer des problèmes car c’est un moyen d’échapper au traitement.
Les auteurs indiquent que près d’un quart des patients traités à la buprénorphine avaient essayé au moins une fois d’injecter le médicament mais que seulement moins de 5 % avaient continué de le faire lorsqu’ils en avaient eu l’occasion. Ce n’est probablement pas très différent des taux d’injection de sirop de méthadone.
"Le simple fait d’écraser les comprimés n’empêche pas le détournement ou l’injection..."
"Une supervision appropriée reste indispensable pour assurer un bon traitement dans ce domaine, et ne saurait être remplacée par la pratique qui consiste à écraser les comprimés. Tous les spécialistes qui participent au traitement doivent assumer leurs responsabilités pour s’assurer que le traitement est sûr et efficace. Les clients qui persistent à abuser de leur buprénorphine devraient être exclus de ce traitement plus coûteux et plus long, et un moyen de minimiser les méfaits potentiels pour le client et pour le traitement proprement dit consiste à suggérer de passer à un traitement à la méthadone, qui reste le traitement de substitution aux opiacés par excellence.”
J’estime que ce médicament a été approuvé par le TGA sous la forme de comprimés et que la plupart des patients devraient prendre les doses sous cette forme. Les comprimés ne devraient être écrasés que s’il y a de bonne raisons cliniques de le faire, et uniquement avec le consentement du patient en connaissance de cause. Autrement, cela pourrait être considéré comme une autre manoeuvre paternaliste qui perpétue l’attitude “les autres mais pas nous” fréquemment observée dans les centres de traitement à travers le monde.
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