
Quest-ce que
la toxicomanie
Définition
Relations et distinctions : toxicomanie, dépendance
physique et tolérance
Tiré du document de consensus publié récemment
(2001) par lAAPM/APS/ASAM
Toxicomanie Maladie neurobiologique primaire chronique, dont
le développement et les manifestations sont influencés
par des facteurs génétiques, psychologiques et denvironnement.
Elle se caractérise par un ou plusieurs des comportements
suivants : usage incontrôlé de drogues, usage compulsif,
persistance à user de drogues malgré les méfaits
causés et état de manque.
Dépendance physique État dadaptation
qui se manifeste par un syndrome de privation propre à une
classe de drogues qui peut être produit par la cessation brutale,
la réduction rapide de la dose, la réduction du taux
de drogue dans le sang et/ou ladministration dune substance
antagoniste.
Tolérance État dadaptation dans lequel
lexposition à une drogue produit des changements entraînant
latténuation progressive dun ou plusieurs effets
de la drogue.
Redéfinir
la toxicomanie
Abrégé : Nécessité de redéfinir
la toxicomanie, Error! Hyperlink reference
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Newman examine le débat sur la définition de la narcomanie.
Il postule que la définition conventionnelle de la narcomanie
proposée dans la plupart des ouvrages médicaux, qui
met laccent sur la dépendance physique et la tolérance
associées à lusage actuel de drogues par le
patient, ne donne pas une image exacte ni significative de ce trouble
pathologique. Il est davis que la définition du terme
doit prendre en compte les preuves contradictoires quant à
laptitude à renoncer définitivement à
la drogue après des expositions répétées
aux narcotiques.
Les publications médicales signalent uniformément
un taux élevé de récidive parmi les personnes
souffrant de dépendance aux opiacés, même après
avoir suivi les programmes de traitement les plus reconnus. Le plus
grand problème pour les médecins (et les patients)
nest pas datteindre un état dabstinence,
mais de le maintenir. Pourtant, dautres études menées
au cours des 25 dernières années ont démontré
avec force que de nombreux individus qui utilisent des narcotiques,
même lorsque lusage est prolongé, fréquent
et à très forte dose, ont peu ou pas de difficulté
à renoncer définitivement aux drogues.
Après avoir passé en revue ces résultats contradictoires,
Newman conclut que la notion courante selon laquelle la toxicomanie
crée un asservissement inévitable et irréversible
repose sur le manque dexpérience des médecins
qui traitent un sous-groupe dusagers de drogues autosélectionnés.
Le Dr Newman conclut son rapport en affirmant que, pour être
utile, la définition de la toxicomanie doit prendre en compte
les résultats apparemment contradictoires des études
réalisées. Il propose de définir la narcomanie
comme une réponse atypique à lexposition aux
opiacés qui se caractérise par la consommation de
plus en plus importante de drogues et la tendance persistante à
récidiver même après une abstinence prolongée
et linversion de la dépendance physique extrême.
Référence
R.G., Newman. The Need to Redefine Addiction (Nécessité
de redéfinir la toxicomanie), dans Tagliamonte, A., et Maremmani
I. (eds), Drug Addiction and Related Clinical Problems (Toxicomanie
et problèmes cliniques associés), (1995) Springer-Verlag
Wien Publishing Company, New York.
Histoire naturelle
de la dépendance aux opiacés
Abrégé Traitement médical efficace
de la toxicomanie aux opiacés, National
Institute of Health Consensus Statement 1997 (Protocole
daccord 1997 de lInstitut national de la santé)
Les études scientifiques passées en revue pour le
rapport du NIH indiquent que la dépendance aux opiacés
est liée à un trouble physiologique du cerveau humain
qui crée un état de manque chez le toxicomane qui
le porte à continuer à user de drogues malgré
le risque de dommages physiques ou psychologiques. De nombreuses
études montrent quun traitement médical peut
être efficace pour gérer ce genre de trouble et produire
des résultats positifs appréciables pour le patient
et pour la société.
Les chercheurs qui ont étudié les facteurs biologiques,
psychologiques et sociaux contribuant à labus dopiacés
affirment que la plupart des individus qui acquièrent une
dépendance aux opiacés entament leur cycle de comportement
toxicomanogène à un jeune âge, généralement
entre 20 et 30 ans et continuent duser de drogues illicites
de façon intermittente tout au long de leur vie. Ils ajoutent
que lexposition répétée aux drogues telles
que les opiacés entraîne un usage croissant de ces
drogues malgré les effets nuisibles et les conséquences
préjudiciables que cela peut avoir sur lindividu. La
majorité des individus qui deviennent intoxiqués aux
opiacés développent une dépendance physiologique
qui saccroît à mesure que lorganisme devient
parallèlement tolérant aux effets physiques de la
drogue. Une fois que le cycle de dépendance physique est
bien établi, le toxicomane entame une succession de périodes
dabstinence et de rechute qui peuvent se poursuivre toute
sa vie. Ce cycle de dépendance aux opiacés conduit
à ce que les experts appellent une carrière de toxicomane,
qui saccompagne généralement de décennies
de déboires avec la justice et dincarcérations
dans des centres correctionnels publics.
Neurobiologie,
pathologie et facteurs de risque génétique associés
à la toxicomanie et à la dépendance aux opiacés
Abrégé Traitement médical efficace
de la toxicomanie aux opiacés, National
Institute of Health Consensus Statement 1997 (Protocole
daccord 1997 de lInstitut national de la santé)
Plusieurs décennies de recherches cliniques sur la neurobiologie
et la pathologie de la dépendance aux opiacés ont
montré que la vulnérabilité dun individu
à labus de drogues est partiellement héréditaire
et que lévolution et le degré de sévérité
de cette maladie sont fortement influencés par des facteurs
denvironnement. Cette conclusion est corroborée par
les données recueillies dans le cadre détudes
financées par les pouvoirs publics sur la famille, les jumeaux
et ladoption, données qui indiquent que les enfants
de parents souffrant de toxicomanie aux opiacés sont davantage
prédisposés et plus vulnérables à labus
de drogues et à la dépendance après lusage
initial dopiacés que les enfants dont les parents nusent
pas de drogues. Des études neurobiologiques montrent quil
existe un certain nombre de séquences de récepteurs
dopiacés dans le cortex cérébral qui
contribuent de manière substantielle à la formation
dune dépendance aux drogues et à lintensité
des symptômes de sevrage physique éprouvés par
les patients souffrant de toxicomanie aux opiacés.
Définition
de la dépendance aux opiacés en tant que trouble pathologique
Abrégé Traitement médical efficace
de la toxicomanie aux opiacés, National
Institute of Health Consensus Statement 1997 (Protocole
daccord 1997 de lInstitut national de la santé)
Le Groupe de consensus des Instituts nationaux de la santé
définit la dépendance aux opiacés comme un
ensemble de symptômes cognitifs, de comportement et physiologiques
dans lesquels lindividu continue à user dopiacés
malgré les graves dommages physiologiques et psychologiques
causés par lusage de ces drogues. Cet état morbide
est caractérisé par lautoadministration répétée
dun produit opiacé pendant une période prolongée,
qui entraîne la formation dune dépendance aux
opiacés, lusage compulsif de drogues et des symptômes
de sevrage en cas dabstinence. Les patients peuvent devenir
dépendants aux opiacés quils présentent
ou non des symptômes de tolérance et de sevrage physiologiques
; ces patients ont généralement une longue histoire
dautoadministration dopiacés par injection intraveineuse,
ingestion intranasale ou inhalation.
Les professionnels de la santé aux États-Unis reconnaissent
que, bien que les facteurs contribuant à la dépendance
aux opiacés soient mal compris, une chose est certaine :
lorsque la dépendance aux opiacés est établie,
elle peut constituer un problème médical qui nécessite
un traitement. Le traitement de soutien à la méthadone,
conjugué à un suivi médical et psychologique,
peut fortement contribuer à modifier le cours de lhistoire
naturelle de la dépendance aux opiacés et aider à
prolonger les périodes dabstinence de drogues illicites
chez les toxicomanes.
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