Impact de la stigmatisation sociale liée au traitement de soutien à la méthadone de la toxicomanie aux opiacés
Abrégé : Intégration sociale du traitement de soutien à la méthadone : le rôle du médecin de famille ; Mark Latowsky et Evelyn Kallen (Ph.D) — Médecins canadiens

L’article de Latowsky & Kallen (1997) examine l’impact de la stigmatisation sociale qui entoure l’intégration du traitement de soutien à la méthadone dans les soins de santé primaires. Malgré les nombreuses études médicales qui démontrent que la toxicomanie aux opiacés est une maladie chronique nécessitant un traitement, cette maladie et son principal traitement, le soutien par la méthadone, alimentent encore une vive controverse. La stigmatisation sociale de la maladie et de ceux qui souffrent de ses effets dévastateurs est ancrée dans les perceptions religieuses et médicales erronées de la fin du XIXème et du début du XXème siècle qui ont rendu socialement inacceptable de considérer cette condition comme une maladie traitable. Les personnes souffrant de toxicomanie aux opiacés étaient généralement considérées comme des individus faibles dont le comportement de toxicomane posait une menace pour la structure économique et sociale d’une société organisée. La perception publique de la toxicomanie aux opiacés comme un mal social plutôt que comme une maladie traitable a conduit les législateurs à promulguer des lois visant à contrôler rigoureusement ce comportement. L’adoption de lois contre l’usage de narcotiques au début du XXème siècle a stigmatisé encore davantage les personnes souffrant de toxicomanie aux opiacés. Elles étaient considérées non seulement comme anormales, mais aussi comme des criminels dont le comportement méritait un châtiment.

L’adoption de lois sur les droits de la personne plus tolérantes et l’introduction du modèle médical de la toxicomanie aux opiacés en tant que maladie traitable à la fin du XXème siècle ont amorcé un changement dans l’opinion publique. Un événement décisif dans ce changement d’attitude envers la toxicomanie aux opiacés a été l’introduction du traitement de soutien à la méthadone. De nouvelles études sur la toxicomanie aux opiacés ont montré que l’incorporation de la méthadone dans le traitement de la toxicomanie pouvait contriber de manière significative à normaliser et optimiser le fonctionnement des personnes souffrant de toxicomanie. La méthadone a été reconnue comme un traitement capable de réduire sensiblement la délinquence liée à la drogue chez les personnes souffrant de toxicomanie aux opiacés.

Malgré les études qui prouvent que la méthadone permet de traiter efficacement et sans danger la toxicomanie aux opiacés, la stigmatisation sociale et les idées fausses sur le traitement et ses effets sur l’organisme l’ont reléguée à un rang inférieur dans le secteur médical. Les toxicomanes qui suivent des programmes de soutien sont considérés — même par les professionnels de la santé — comme des "accros" de la méthadone qui remplacent simplement une drogue accoutumante par une autre. Cette stigmatisation du traitement de soutien à la méthadone fait que les patients fonctionnellement stabilisés hésitent à dire à leurs proches, à leurs amis et à leur employeur qu’il suivent ce traitement. Nombre de ces patients mènent une double vie souvent entâchée d’un sentiment d’anxiété et de crainte de voir leur secret dévoilé.

For Patient and Professional Stories (Témoignages de patients et de membres de la profession médicale)

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