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Toxicomanie
Périnatale: Subvenir aux Besoins des Femmes et Enfants, Séquelles
et Défis
Loretta P. Finnegan, MD, Conseiller Médical auprès
du Directeur, Bureau de Recherche sur la Santé des Femmes,
National Institutes of Health, Bethesda, Maryland
Ampleur et Nature du Problème
Lusage de drogues psychotropes pendant la grossesse peut mettre
en danger la future mère, le foetus, le nouveau-né
et lenfant. Ceci présente un problème touchant
toutes les classes socio-économiques et ethniques, partout
dans le monde, et les coûts qui en résultent sont à
la charge de toute la société.
Aux Etats-Unis, en 1992, lInstitut National sur lUsage
de Stupéfiants (the National Institute on Drug Abuse) a estimé
que sur quelques 4 millions de naissances, 221.000 ou 5,5% des mères
avaient pris une ou plusieurs drogues illicites pendant leur grossesse.
Le taux dusage varie avec le lieu géographique, le
statut socio-économique et le niveau déducation.
La dépendance à légard de la drogue pendant
la grossesse est un problème biopsychosocial complexe qui
présente de multiples défis. Lorsquon évalue
limpact de la dépendance sur une femme enceinte et
ensuite sur son bébé, on doit considérer les
problèmes de milieu auxquels elle doit faire face. Le cycle
de dépendance ninclue pas seulement lusage de
drogue illicite ainsi que ses corrolaires directs, mais aussi le
dysfonctionnement familial, les abus physiques et sexuels, les problèmes
sociaux et juridiques, le manque déducation, le chômage,
etc..
A cause de cet environnement à très
haut risque et labsence fréquente de soins prénatals
parmi les femmes enceintes toxicomanes, les bébés
sont prédisposés à une quantité de problèmes
néonatals en plus des effets pharmacologiques de la drogue
utilisée. La plupart sont dûs au poids néonatal
peu élevé et aux bébés prématurés
- par exemple, lasphyxie néonatale, lhémorragie
intercranienne, le syndrome de détresse respiratoire, le
retard de croissance intra-utérine, lhypoglycémie,
la septicémie et lhyperbilirubinémie.
Pour les usagers de drogues par injection, les problèmes
médicaux les plus courants incluent: les infections (cellulite,
hépatite, pneumonie, endocardite bactérienne, maladies
sexuellement transmissibles et VIH), lanémie, la thrombocytopénie,
la thrombophlébite, loverdose et les multiples lésions
liées au trauma. Chez les femmes prenant de lhéroïne,
la perte du foetus peut résulter dun avortement spontané,
dune mort intra-utérine, damnionite, de diabète
gestationnel, dune rupture prématurée des membranes
et de septicémie. Les troubles placentaires qui peuvent survenir
incluent le décollement, linfarcissement et linsuffisance
du placenta. Labsence de soins prénatals peut également
prédisposer à la pré-éclampsie et à
léclampsie. Les complications obstétriques les
plus courantes sont la naissance avant terme et le retard de croissance
intra-utérine. De plus, les femmes héroïnomanes
présentent un risque élevé dhémorragie
à la suite
de laccouchement.
Traitement de la Femme Enceinte Héroïnomane par la
Méthadone
Depuis trois décennies, la maintenance par la méthadone
est recommandée pour traiter la toxicomanie pendant la grossesse.
Il a été uniformément démontré
que le traitement par la méthadone proposé avec des
services extensifs qui incluent les soins prénatals, peut
considérablement réduire la fréquence de complications
obstétriques et foetales, la morbidité et la mortalité
néonatales. La méthadone peut être administrée
par voie orale, elle évite le début du syndrome de
sevrage des drogues opiacées pendant 24 à 36 heures,
elle réduit ou élimine le désir intense de
drogue et bloque (par une plus grande tolérance) les effets
euphoriques si des stupéfiants supplémentaires sont
absorbés. La thérapie de maintenance par la méthadone
évite également les niveaux opiacés changeants
chez la femme enceinte et protège le foetus dépisodes
répétés détat de manque, réduit
chez la femme les risques dinfection par VIH et hépatite
et limite les comportements souvent associés au besoin de
drogue comme la prostitution et le risque de maladies sexuellement
transmissibles. Au cours de la grossesse, certaines femmes traitées
à la méthadone ont besoin dune augmentation
de dose pour maintenir le même niveau de plasma. Des doses
de méthadone plus élevées au troisième
trimestre sont liées à une meilleure croissance foetale
et à une plus longue durée de gestation; par conséquent,
un dosage de méthadone plus libéral pendant la grossesse
peut améliorer les résultats néonatals à
court et long terme.
Etat de Manque Néonatal
Les bébés nés de mères toxicomanes -que
les drogues soient lhéroïne, la méthadone
ou dautres stupéfiants- ne présentent pas tous
des syndromes détat de manque; les rapports médicaux
indiquent un taux qui varie de 60 à 90%. Cet écart
nest pas surprenant parce que les multiples processus biochimiques
et physiologiques qui gouvernent létat de manque et
leurs interactions sont encore peu compris. Labus de drogues
multiples, lingestion variable de ces drogues, le passé
médical vague et inexact de la mère et les méthodes
danalyse des fluides corporels pour détecter une exposition
prénatale à la drogue - tous ces facteurs excluent
des critères de référence concernant la sorte
détat de manque, son délai dapparition,
sa durée et sa gravité.
Il a été noté que les bébés exposés
à la méthadone ont généralement une
incidence plus élevée et une durée de sevrage
plus longue que ceux dont les mères ont pris de lhéroïne.
Cependant, les études comparatives ne précisent pas
la dose dhéroïne, elles amalgament souvent une
dose de méthadone constante, prescrite par un clinicien et
une automédication intermittente et elles ne prennent pas
en compte les durées variables de maintenance par la méthadone
avant laccouchement. De toute façon, le rapport entre
la dose de méthadone et la gravité du sevrage néonatal
na pas été clairement établi. Le fait
est quil nest pas rationnel de baisser les doses pendant
la grossesse. Une telle décision pourrait encourager lusage
de drogues illicites et augmenter les risques pour le foetus.
Le syndrome de sevrage de stupéfiants est un trouble généralisé
caractérisé par des signes dhyperirritabilité
du système nerveux central, de dysfonctionnement gastrointestinal,
de détresse respiratoire et de vagues symptômes du
système nerveux autonome qui incluent baillements, éternuements,
marbrures et élévation de température. Au départ,
les bébés souffrent de tremblements bénins
à haute fréquence et basse amplitude qui peu à
peu empirent. Des pleurs aigus, une plus grande tonicité
des muscles, un état dirritabilité, des réflexes
tendineux croissants et un réflexe de Moro exagéré
sont caractéristiques du syndrome à ce stade. Le réflexe
des points cardinaux augmente et le sucement de pouce ou de poignets
est courant, mais les bébés ont beaucoup de mal à
prendre de la nourriture et ils régurgitent fréquemment.
Cette difficulté provient dun réflexe de succion
mal coordonné et inefficace. Les bébés peuvent
aussi se mettre à souffrir de selles liquides et sont donc
prédisposés à une déshydratation et
à un déséquilibre électrolytique.
Le délai dapparition des signes détat
de manque est variable. A laccouchement, les niveaux de sérum
et de tissus des drogues dans lutérus commencent à
baisser. Le nouveau-né continue à métaboliser
la ou les drogues et les symptômes de sevrage apparaissent
quand un niveau de tissu extrèmement bas est atteint. Puisque
le moment où débute la crise et le degré de
gravité varient, une gamme de schémas de sevrage peut
être observée. Létat de manque peut être
bénin et passager, son déclenchement différé
ou caractérisé par un accroissement graduel de gravité.
Cet état de manque peut être présent par intermittence
ou être marqué par un enchaînement en deux phases
qui comprend un état de manque grave suivi par une amélioration,
puis, de nouveau, une exacerbation. Des symptômes plus graves
semblent se produire parmi les bébés dont les mères
ont pris de grandes quantités de drogues pendant longtemps.
La maturité des mécanismes métaboliques et
excréteurs du bébé joue aussi un rôle
important, puisque les bébés prématurés
excrétent généralement la ou les drogues prénatales
plus lentement et semblent passer par un début détat
de manque moins vigoureux. La durée des signes détat
de manque peut varier de quelques jours à quelques semaines
et même des mois.
Allaitement
Lavantage significatif du traitement par la méthadone
dune femme enceinte héroïnomane est de pouvoir
encourager lallaitement si la mère nabuse pas
dautres drogues. Un taux de méthadone si minime apparaît
dans le lait maternel quil ne serait même pas un traitement
adéquat pour le nouveau-né présentant des signes
de sevrage. Les avantages immunologiques de lallaitement et
lattachement au bébé quil favorise sont
bien sûr particulièrement précieux pour la mère
héroïnomane. Dun autre côté, si la
mère prend des drogues ou si des infections comme le VIH
ou lhépatite sont présentes, lallaitement
est contre-indiqué.
Conclusion
Nous avons fait de grands progrès dans les soins médicaux
des nouveaux nés exposés à la drogue
dans lutérus. Et pourtant, nous ne disposons généralement
pas des ressources de traitements spécialisés nécessaires
pour les femmes enceintes et leurs enfants et il est désolant
que la plupart des professionnels médicaux ne considèrent
pas ce domaine important pour leurs efforts de recherche et de traitement.
La toxicomanie est un trouble chronique et récidivant qui
affecte tous les systèmes du corps humain. Les nombreuses
questions quil faut énergiquement aborder et la nature
chronique et récidivante de la toxicomanie donnent une impression
presque écrasante de la tâche du clinicien quand on
considère les soins optimaux à la fois de la mère
et du bébé. Mais nous savons quune transmission
de génération en génération de la toxicomanie
et de ses multiples problèmes, y compris le VIH, est inévitable
si une maintenance par la méthadone accompagnée de
services extensifs ne sont pas offerts aux femmes toxicomanes et
à leurs enfants. Bien quil ny ait pas de panacée
(comme pour la plupart des conditions médicales!) pour répondre
à la toxicomanie maternelle, nous pouvons beaucoup accomplir
pour prévenir lincapacité physique, psychologique
et sociale résultant de ce trouble de portée considérable
puisquil détruit non seulement des individus, mais
le tissu de notre société la famille.
Linformation qui précéde est tirée
dune présentation lors de la Conférence Internationale
sur la Toxicomanie, la Maternité et lEnfant qui sest
déroulée à Turin, en Italie les 13-14 novembre
2000.
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La Grossesse
nest pas contre-indiquée pour une Thérapie de
Maintenance à "Hautes" Doses de Méthadone
Source: OB GYN News - Section No. 16, Vol 36; Pg 10 -ISSN:0029-7437
(August 15, 2001) United States - Los Angeles
A la réunion annuelle de la Société Américaine
de la Toxicomanie (American Society of Addiction Medicine) en 2001,
le docteur Peter Selby a présenté une étude
démontrant que les bébés nés de femmes
qui prennent des doses relativement plus élevées de
méthadone pendant le troisième trimestre ne sont pas
plus susceptibles de souffrir détat de manque que ceux
dont les mères ont reçu une moindre dose.
Ces conclusions sont basées sur un examen minutieux des dossiers
de 53 femmes qui ont accouché au St Josephs Health
Centre à Toronto entre 1994 et 2000. Parmi celles-ci, 26
avaient reçu une dose quotidienne moyenne de 64mg de méthadone
et 27 avaient reçu une dose quotidienne moyenne de 132mg.
Les bébés de ces deux groupes ne présentaient
pas de différences significatives relativement au poids de
naissance, à la longueur du séjour à lhôpital
ou à lincidence et à la durée de létat
de manque néonatal.
La maintenance par la méthadone est le traitement courant
pour les femmes toxicomanes pendant la grossesse. Cest peut-être
à cause des changements de métabolisme maternel pendant
le troisième trimestre que de nombreuses femmes ont signalé
que des doses auparavant adéquates étaient devenues
insuffisantes pour soulager leur désir intense de drogue.
Le retour de ce désir peut bien sûr conduire à
une reprise de lusage illicite de drogues opiacées
et à tous les dangers corollaires pour la mère et
le foetus. Cest pourquoi lauteur recommande une individualisation
des doses de méthadone qui devraient être titrées
pour minimiser linconfort de la mère et son usage possible
de drogues opiacées.
Les limitations de cette étude incluent le nombre peu élevé
de sujets, labsence de suivi à long terme et le fait
que toutes ces femmes avaient reçu des soins extensifs qui
ne sont peut-être pas disponibles dans tous les entres qui
traitent les femmes enceintes prenant de la méthadone.
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