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Hépatite C : Le point sur les utilisateurs
de drogues injectables
Introduction
Lhépatite C est linfection transmissible par
le sang la plus courante aux États-Unis et lusage de
drogues injectables est le principal mode de transmission. Jusquà
récemment, cependant, le NIH et dautres organismes de
réglementation se sont prononcés contre le traitement
des utilisateurs de drogues et de nombreux programmes de transplantation
du foie ont refusé une transplantation à des patients
sous traitement à la méthadone qui ne prenaient pourtant
aucune autre drogue (Koch). Parallèlement, les utilisateurs
de drogues injectables et les cliniciens sont assaillis de rapports
publiés par les médias et les compagnies pharmaceutiques
selon lesquels la majorité des hépatiques développeront
une grave maladie hépatique (Heyman, Cowley), ce qui est contredit
par les études publiées à ce sujet. Le clinicien
qui soigne un utilisateur ou ex-utilisateur de drogues injectables
risque donc dêtre confronté à la tâche
de revendiquer le droit du patient à un traitement tout en
devant apaiser ses craintes dêtre incapacité ou
de mourir.
Ceux qui traitent des toxicomanes devraient être bien informés
sur les questions suivantes:
- Transmission et prévention
- Probabilité et facteurs de risque daggravation
- Problèmes liés au traitement des toxicomanes
- Considérations dans le dépistage des toxicomanes
Transmission
Le virus de lhépatite C (VHC) est essentiellement
une infection transmissible par le sang. Lutilisation de drogues
injectables est actuellement le mode de transmission le plus courant.
On estime que plus de 60 % des infections par le VHC aux États-Unis
sont transmises par injection de drogues. Le VHC semble être
beaucoup plus facilement transmissible que le VIH, comme en témoigne
une étude dans laquelle 65 % des utilisateurs de drogues injectables
avaient contracté le VHC au bout de 12 mois, contre seulement
14% de sujets devenus séropositifs (Garfein). La facilité
avec laquelle le VHC est transmis pourrait avoir des implications
importantes sur les stratégies de prévention à
suivre.
Le VHC peut être transmis sexuellement, mais le taux de transmission
fait lobjet dun vif débat car les données
ne sont pas claires. Linfection est associée à
un grand nombre de partenaires sexuels (Mele, Alter 1999) et reste
faible pour les couples hétérosexuels monogames chez
lesquels un partenaire est infecté (Dienstag). Dautre
part, la prévalence nest pas particulièrement
plus élevée chez les hommes qui ont des rapports sexuels
avec dautres hommes traités pour des maladies sexuellement
transmissibles (MMWR, 1998). Le CDC (Centre de contrôle des
maladies) estime que 15 à 20 % des infections actuelles sont
transmises sexuellement mais ne recommande pas lutilisation
de préservatifs pour les couples monogames à titre de
prévention du VHC lorsquun partenaire est infecté.
Le VHC est transmis au stade périnatal à environ 5 %
des enfants nés dune mère infectée, le
taux étant plus élevé pour les mères coinfectées
par le VIH. Le pronostic des enfants infectés au stade périnatal
est inconnu (American Academy of Pediatrics), mais on estime quil
est généralement bon. Le VHC nest pas considéré
par le CDC comme un obstacle à la grossesse.
Pour les personnes qui ont reçu des transfusions sanguines
et/ou des transplantations dorgane avant 1987, des facteurs
de coagulation avant 1987 et/ou une hémodialyse à un
moment quelconque, le risque dinfection par le VHC est considéré
plus élevé.
Le piercing et le partage dobjets tels que pailles à
cocaïne, rasoirs ou brosses à dents sont suspectés
être des vecteurs de transmission. À la fin des années
90, le CDC a indiqué que le partage des pailles à cocaïne
était un mode de transmission, mais des études ultérieures
ont montré que les personnes qui inhalent la cocaïne nétaient
pas exposées à un risque certain. Le tatouage en prison
est un mode de transmission documenté (Thompson).
Lexposition en milieu de travail est également un risque
(Sulkowski 2002). Le CDC estime quil existe un risque dinfection
de 1,8 % lorsque la source de la piqûre daiguille est
infectée par le VHC.
Le mode de transmission reste inconnu pour environ 10 % des patients.
Il semble cependant que la stigmatisation liée à lutilisation
de drogues injectables restera un obstacle à la bonne connaissance
de lépidémiologie du VHC. Des entretiens non directifs
menés dans le cadre dune étude sur les donneurs
de sang infectés par le VHC qui avaient initialement nié
utiliser des drogues injectables ont indiqué que 40 % avaient
effectivement utilisé des drogues injectables dans le passé
(Conry-Cantilena). Des témoignages plus francs pourraient révéler
que lutilisation de drogues injectables est en fait à
lorigine de nombreuses infections actuellement considérées
dorigine sexuelle.
Prévention
La plupart des efforts de prévention devraient porter sur
les utilisateurs de drogues injectables puisque cest le principal
groupe à risque. Il semble malheureusement beaucoup plus difficile
de prévenir la transmission du VHC que celle du VIH. Selon
le CDC, la transmission du VHC entre utilisateurs de drogues injectables
est en baisse depuis les alentours de 1989 ce qui correspond
à la mise en place de mesures de prévention du VHC et
de matériel pour améliorer la sécurité
des injections (Alter MJ 1997). La validité de ce rapport est
cependant contestable, en particulier à la lumière des
données sur léchange de seringues et de la comparaison
entre les États-Unis et lAustralie. Une étude
antérieure sur limpact de léchange de seringues
a mis en évidence une moindre prévalence de lhépatite
C chez les participants mais une étude ultérieure na
révélé aucune différence (Hagan 1997,
1999). Bien que lAustralie ait un réseau beaucoup plus
important de programmes déchange de seringues et un taux
de prévalence du VIH très faible, les taux de transmission
du VHC restent élevés dans le pays, ce qui donne à
penser que ces interventions sont insuffisantes (Crofts). Mais on
aurait tort de perdre tout espoir de freiner lépidémie
en contrôlant laccès aux seringues. Une étude
australienne montre que la prévalence des programmes déchange
de seringues est en recul (MacDonald), et la diminution de la prévalence
chez les jeunes à Glasgow et Genève témoigne
du succès des mesures de réduction des méfaits
liés aux drogues (Broers, Goldberg), de même que la faible
prévalence observée chez les jeunes toxicomanes à
Chicago (Thorpe).
Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi léchange
de seringues et le traitement dentretien à la méthadone
(Crofts 1997) ne semblent pas contribuer de manière significative
à prévenir la transmission de lhépatite
C. Les utilisateurs ne font généralement pas appel à
ces services lorsquils commencent à utiliser des drogues
injectables, moment où ils sont le plus vulnérables
au risque de contracter le VHC. Qui plus est, bien que léchange
de seringues ait sensiblement diminué entre les toxicomanes,
le partage des réchauds et du coton est un facteur de transmission
du VHC (Hagan 2001). Le fait que les toxicomanes sentraident
pour injecter les drogues pourrait également être un
facteur de transmission (Kral). Il est impératif de poursuivre
les recherches sur la transmission et la prévention du VHC
chez les utilisateurs de drogues injectables.
Diagnostic
Le dosage immunoenzymatique (ELISA) est sensible à 99 %
et spécifique à lexposition au VHC mais linfection
active doit être confirmée par une charge virale qualitative.
Une charge virale négative devrait être confirmée
au moins une fois pour écarter lhypothèse dinfection.
Quels que soient les résultats des examens des fonctions hépatiques,
le Protocole daccord du NIH recommande une biopsie du foie dans
la plupart des cas afin de déterminer le stade de la maladie
hépatique avant de prescrire un traitement. Diverses circonstances,
notamment lorsque la maladie est très avancée, peuvent
rendre inutile une biopsie.
Conséquences du non-traitement du VHC
Entre 10 et 25 % des patients ont des symptômes environ
2 semaines à 6 mois après avoir été infectés,
mais ces symptômes sont généralement faibles.
Entre 70 et 85 % des personnes exposées auront une infection
chronique.
La majorité de ces sujets présenteront un certain degré
dinflammation hépatique et on estime que 3 à 20
% des sujets ayant une infection hépatique chronique seront
atteints dune cirrhose en lespace de 20 à 40 ans.
Sur ce nombre, environ 1 % développeront une tumeur hépatocellulaire
maligne chaque année. Selon des données antérieures,
jusquà 50 % des personnes atteintes du VHC seraient tôt
ou tard atteintes dune maladie hépatique grave mais ces
estimations étaient basées sur des patients recrutés
dans des services dhépatologie où les patients
sont déjà malades et ont donc toutes les chances de
voir leur état empirer ( Dore, Seeff, Thomas, Vogt, Kenny-Walsh,).
Les personnes infectées par injection de drogues pourraient
être moins susceptibles de voir leur état saggraver
(Gordon, Thomas, Rai).
Les femmes et les personnes infectées à un jeune âge
sont moins susceptibles de voir leur état saggraver.
La forte consommation dalcool est associée à lévolution
plus rapide de la maladie (Poynard).
Linfection par le VIH est associée à la progression
plus rapide de la maladie mais on ne sait pas si cest dû
au virus, à la toxicité des médicaments prescrits
contre le VIH ou à la reconstitution du système immunitaire
suite au traitement (Soriano). Leffet du VHC sur la progression
du VIH reste incertain mais il est probablement limité (Sulkowski
2002).
La charge virale de lhépatite C nest pas de valeur
prédictive.
La méthadone na pas dimpact sur la progression
de la maladie, et les patients infectés par le VHC nont
normalement pas besoin de réduire leur dose de méthadone
(Novick) ; il semblerait en fait que laction du VHC pourrait
accroître le métabolisme de la méthadone et donc
nécessiter des doses supérieures (Shinderman)
Candidats au traitement
Étant donné que lhistoire naturelle du VHC
est mal connue, il est souvent difficile de décider qui traiter.
Les patients qui ont le VHC dans leur ARN, des résultats anormaux
aux examens hépatiques et chez lesquels une biopsie du foie
indique la présence dune infection VHC chronique sonts
de bons candidats au traitement. Lorsque les examens indiquent que
les fonctions hépatiques restent durablement normale, le traitement
nest actuellement pas recommandé car une étude
a montré que le traitement ne présente aucun avantage
et peut même être préjuduciable (Marcellin, Protocole
daccord NIH 2002). Les patients chez lesquels le VIH est stabilisé
peuvent réagir favorablement au traitement (Soriano).
Les patients ayant des antécédents de dépression
grave peuvent nécessité un suivi étroit car cest
lun des principaux effets secondaires du traitement à
linterféron, même chez les patients non dépressifs.
Le traitement des patients chez lesquels la maladie du foie est très
avancée est sujet à discussion il est peu probable
quils réagissent entièrement au traitement mais
cela peut ralentir lévolution du virus et réduire
les risques de complications fatales (Wright).
Dans son protocole daccord initial sur la gestion de lhépatite
C, le NIH suggérait de ne pas traiter les utilisateurs de drogues
avant quils ne soient restés en état dabstinence
pendant 2 ans, période ramenée plus tard à 6
mois par le NIDDK. Suite au débat animé et aux nouvelles
études réalisées sur cette question (Edlin, Stephenson),
le protocole daccord de 2002 est revenu sur cette décision
et suggère de tester et traiter les utilisateurs de drogues.
Lobservation du traitement par les utilisateurs de drogues est
un sujet de préoccupation. Bien que certaines études
indiquent des taux dobservation du traitement à lAZT
légèrement inférieurs (Samet, Webster), dautres
montrent que les utilisateurs de drogues sont capables de suivre ce
traitement à des taux comparables à ceux des non-utilisateurs
(Samuels, Broers). Depuis ces études, on a observé que
même les utilisateurs de drogues peuvent suivre et bénéficier
du traitement plus compliqué HAART contre le VIH (Lucas). Dautre
part, des études ont montré que les utilisateurs de
drogues peuvent aller au bout et bénéficier du traitement
contre le VHC (Backmund, Sylvestre). Le Conseil consultatif sur le
SIDA dans lÉtat de New York a organisé un groupe
de travail sur les "Problèmes déontologiques de
laccès au traitement du VIH" qui a conclu quil
était contraire à léthique de refuser le
traitement du VIH à un patient sous prétexte quil
fait ou a fait partie dun groupe à risque (NYS Lerner).
Après le protocole daccord initial du NIH, le conseil
a conclu en contestant les directives de traitement du VHC qui excluent
les utilisateurs de drogues (Stephenson).
Bien que dautres études simposent, il est relativement
clair que la cocaïne (Lefkowitz) et les opiacés (Novick)
tels que lhéroïne ne sont pas hépatotoxiques
et rien nindique que la consommation de ces substances constitue
une contre-indication pharmacologique pour le traitement du VHC. Malgré
les questions soulevées sur les similarités entre les
effets secondaires du traitement à linterféron
et les symptômes de sevrage des opiacés, similarités
qui pourraient entraîner la rechute des patients ayant des antécédents
dabus dopiacés, le lien entre les deux na
pas été établi.
Lalcool est une question plus compliquée. La consommation
dalcool durant le traitement réduit la possibilité
de déterminer le dosage efficace (Ohnishi). La durée
de la période dabstinence nécessaire avant le
traitement pour obtenir une réaction est cependant incertaine.
On ignore également si les consommateurs dalcool qui
nont pas de réaction virologique pourraient cependant
réduire leur risque daggravation.
Traitement
Un guide détaillé sur le traitement du VHC dépasse
le cadre de ce rapport, mais il convient de souligner quon devrait
proposer un test de dépistage à tous les utilisateurs
de drogues injectables pour déterminer leur immunité
à lhépatite A et B et leur suggérer de
se faire vacciner sils ne sont pas protégés. Les
facteurs de risque de lhépatite B sont les mêmes
que ceux du VHC. Cest également recommandé pour
les personnes porteuses du virus de lhépatite C car lhépatite
A peut causer une insuffisance hépatique fulminante chez les
patients porteurs du VHC. Les patients devraient également
être informés quil est très important de
réduire ou de cesser la consommation dalcool pour éviter
daggraver la situation. Parmi les facteurs de risque daggravation,
cest le plus facile à modifier.
Le traitement sest considérablement amélioré.
Dans les essais cliniques plus de 40 % des patients porteurs du génotype
le plus courant se débarrassent du virus et peuvent être
considérés comme guéris. Il peut cependant y
avoir des effets secondaires incapacitants, tels que symptômes
identiques à ceux de la grippe, anémie grave et dépression.
Obstacles au traitement du VHC
Il existe des obstacles significatifs à un programme de
suivi en cas de résultat positif au test de détection
des anticorps. Bien que le traitement se soit amélioré
et que le NIH ne soit plus opposé au traitement des utilisateurs
de drogues, il subsiste dimportants obstacles au traitement
du VHC.
Un test positif de détection des anticorps doit être
suivi dune confirmation de la charge virale du patient pour
déterminer sil est infecté. Cela nest pas
toujours possible pour les patients non assurés. Les régimes
fédéraux dassurance-maladie Medicare et Medicaid
peuvent prendre en charge environ 50 dollars alors que le test coûte
entre 75 et 400 dollars selon le laboratoire. Les patients peuvent
donc découvrir quils sont peut-être infectés
mais sans disposer des moyens de le confirmer.
Laccès à un traitement après le diagnostic
pose un problème encore plus difficile pour les patients non
assurés ou disposant dune couverture insuffisante. Le
coût de lévaluation médicale nécessaire
pour le traitement est significatif et les médicaments coûtent
au moins 1 500 dollars par mois ; de nombreux patients nont
pas les moyens de payer autant.
Pour ceux qui peuvent suivre un traitement, il est important de comprendre
que le régime est extrêmement pénible pour tous
les patients, pas seulement les utilisateurs de drogues. Deux récentes
études dévaluation des résultats du traitement
en dehors des essais cliniques (Cawthorne) (Falck-Ytter) sont très
décourageantes. De nombreux patients potentiels ont été
éliminés parce quils navaient pas respecté
les conditions préalables au traitement (57 et 37 % navaient
pas passé tous les tests préalables), tandis que dautres
ont été exclus à cause de contre-indications
médicales et psychiatriques relatives et absolues (27 et 34
%). Chez les quelques patients finalement traités, seulement
13 % ont enregistré une réaction virale soutenue.
Dépistage de lhépatite C dans le traitement pharmaceutique
Vu les forts taux de prévalence de lhépatite
C chez les utilisateurs de drogues injectables et le changement des
conditions dadmissibilité au traitement, il semblerait
logique de promouvoir le dépistage systématique dans
les centres de traitement des toxicomanes.
Selon les ressources disponibles, on peut offrir aux individus à
sérologie C positive :
- Vaccin contre lhépatite A et B (devrait être
systématiquement offert aux utilisateurs de drogues injectables
quelle que soit leur situation)
- Informations sur le rôle de lalcool dans lévolution
du VHC
- Recommandations concernant des tests de suivi et un traitement
- Si un tel programme nest pas déjà en place,
orientation sur les mesures de réduction des méfaits
liés à la drogue afin déviter de continuer
à transmettre le virus.
Cependant, vu le manque de certitude quant
aux conséquences de lhépatite C et les obstacles
potentiels aux examens de confirmation et au traitement du VHC,
le prestataire du traitement a lobligation déduquer
et dinformer les individus qui souhaitent passer un test sur
les ressources disponibles. Cest par exemple un test très
différent du test RPR, où le diagnostic est relativement
simple et où le traitement est accessible et efficace. Les
directives du CDC recommandent daccompagner le test de dépistage
dune orientation et dun consentement (MMWR) ; cette
orientation devrait inclure des informations sur les options de
suivi éventuellement disponibles.
Conclusion
Le risque de contracter le virus de lhépatite C
est très élevé pour les utilisateurs de drogues
injectables. Des mesures de réduction des méfaits
liés aux drogues peuvent contribuer à réduire
le risque, mais ces interventions semblent avoir un effet tout au
plus modéré et dautres interventions simposent.
Bien que lhistoire naturelle de lhépatite C reste
mal connue, des études montrent que lévolution
de la maladie chez les utilisateurs de drogues injectables est moins
certaine quon ne le croyait auparavant. Il nest plus
recommandé dexclure activement les utilisateurs de
drogues du traitement, mais il subsiste dimportants obstacles
au dépistage et au traitement. Il importe de considérer
ces problèmes ainsi que les ressources locales pour concevoir
des programmes dinformation et de dépistage à
lintention des utilisateurs de drogues susceptibles dêtre
infectés par le virus de lhépatite C.
Sharon Stancliff, M.D. 18/8/0
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